04 juin humilité

Hier, je vantais les avantages de mon véhicule, sans oublier d’en mettre une petite couche sur l’esprit grégaire de mes amis camping-caristes ( Pourquoi ce titre ? Nous sommes le 3 juin 18h, je goûte le bonheur de revoir mon héron, revenu au même endroit que la veille. Pas de photo, juste le bonheur. (Oui je sais, je suis un romantique incurable, et cette idylle naissante entre un héron et moi me tire des fulgurances poétiques incontrôlables) C’est une rencontre que d’aucuns auraient, à coup sûr, qualifiée de fluide. Imperceptiblement, une brise alternative m’interpelle. Des questions m’assaillent moi qui suis, habituellement, un puit de sérénité… Est-ce que ce petit vent pourrait devenir grand ? Est-ce que, si c’était le cas, mon Zouzou et ces 3 tonnes ne pourraient pas se transformer en poisson rouge. Mais la météo norvégienne, super fiable, indique 3 mètres par seconde au plus fort. Héron, Zouzou et moi-même allons donc dormir du sommeil du juste sans arrière-pensées… 1h30!Je donne un coup de coude à ma voisine pour qu’elle arrête de remuer . Personne! Réveille-toi, Serge le vent ! Quoi, le vent? Hé bé , c’est lui qui remue Zouzou comme un sac de patates . Ok, je ne fais pas de purée à 1H30 . Une rafale, puis deux, puis ça n’arrête plus. (J’ai mal lu ce devait être 30 mètres par seconde) Réunion de crise façon c’est moi le chef … Branle-bas de combat , toit fermé à l’arrache, contrôle des vis-à-vis, verrouillage des toboggans . Survêtement dans le pyjama ou le contraire et me voilà la tête dans le c… (Oui dans ces circonstances je n’ai plus de vocabulaire) en train de faire monter la pente à mon Zouzou. Ce dernier dodeline légèrement du capot, l’air de dire le même truc de mémée que la dernière fois. Le moment d’humilité à 2h du matin qui va avec une place libre entre deux camping cars au pied du deuxième pont ( j’ai cru m’envoler à son sommet) fera surement partie des souvenirs que je raconterai avec fierté, accompagné, à coup sûr, de réflexion du type : « Il n’y que les imbéciles qui ne changent pas d’avis« , ou » J’ai beaucoup de respect pour les camping-caristes« . Une bonne nuit terminée par la circulation , une séance de gym, un petit dèj, le travail des photos de Monsieur Héron et je parts à la chasse aux ponts aux bords desquels les rochers m’inspirent . La journée de km se termine (un ferry de plus) au pied de l’échelle des trolls en passant par le village de Rodven pour y voir une église en bois debout du XIIe siècle . Petit coin tranquille pour dodo à l’abris du vent (lol) J’envisage d’aller faire le plein d’eau , la lessive et de me frotter (en tout bien tout honneur) à mes congénères, les humains campeurs, dans le camping du coin. Ici les services gratuits nécessaires à la « cellule life » ne courent pas les rues … Repos pour le 5 juin avec un petit point sur la suite du parcours.

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