La route 64 est l’axe qui comprend ce que les guides appellent : » La route de l’Atlantique » . La 64 fait environ 70 KM mais la portion « Atlantique » ne mesure qu’à peine plus de 8 km . Pas moins de 9 ponts relient îlots et récifs dans une débauche d’infrastructures qui ferait peut-être pâlir notre DDE (à voir) . La route que j’empreinte à partir de Trondheim n’est pas la plus belle de Norvège mais plus j’avance et plus les paysages deviennent « wahou » (non, ceci n’est pas un aboiement, c’est une extase et d’ailleurs, une des photos est vachement belle .) . Un ferry de plus me donne l’occasion de m’émouvoir . Deux amoureux , regardent au loin. Lui, un colosse dans la plus pure tradition viking. Elle, une Norvégienne modèle réduit. Sa fragilité sublime de la plus belle des manières, la force que dégage le quintal humain dans lequel elle se réfugie. Je craque, une photo Serge, vite, elle te rappellera ce moment d’Amour… Clic ! Dans la boîte … Bon après cette séquence émotion j’arrive donc à quelques encablures du premier pont . Une aire attend les arrivants , mais ils sont là. Oui, les Asiatiques et les autres , avec leurs vociférations pour les uns, et leurs machins énormes pour les autres . Mais qui sera celui qui aura le plus gros ? hein ! (Je parle des camping-cars évidemment ) Bon, deux, trois photos du site, qui est évidemment vraiment beau, et je me carapate dans le seul but de trouver un endroit où je n’aurai pas à me faire coller aux basques par le prochain arrivant. Oui, il faut savoir que le bon camping-cariste met un point d’honneur à se coller le plus prés possible de ses congénères quand il arrive dans un endroit où ils sont déjà… Bon, laissons les vivre quand même . Yess ! le challenge est à quelques centaines de mètres. Il y a là une avancée étroite et caillouteuse qui termine dans le fjord après une descente, que j’estime virile, mais correcte. Zouzou me regarde, d’un air de dire qu’il ne faudrait pas pousser mémé dans les orties et se couvrir de pipi si quoi que ce soit tournait mal . Allééééé, c’est pas non plus le Paris-Dakaaaaar… Zouzou et moi nous nous posons donc là, prudemment et tout seuls, pour la nuit .Des oiseaux sont là, beaucoup . Un héron pêche (non pas devant l’éternel, ça c’est moi) . Grand luxe … 45 mn non-stop à shooter l’animal depuis la fenêtre de ma cellule ( non je ne suis pas en prison, il est libre Max) pour tenter d’avoir un poisson dans son bec, une attitude, un envol, un atterrissage … Tout quoi . Peu de lumière, il est tard, mais mon appareil ne s’en sort pas trop mal et je garde comme autant de trophées les photos de cet oiseau que j’ai rarement shooté et que je trouve particulièrement élégant . Oui, il est tard et je n’ai pas le courage de traiter les cents millions de photos qui résultent de cette dernière rencontre . Je vais dormir en priant quand même pour que Zouzou ne finisse pas dans la flotte .

























