Je longe la mer du Nord, vers le sud depuis deux jours, mais je ne la vois pas. Faut-il changer de lunettes ? Pas du tout, la mer est derrière un cordon de dunes. Il est là, il veille, il fait face à la fureur des vagues et à Éole qui, sans arrêt, le défie. Pas d’eau à voir sans remplir ses chaussures de ce sable d’une finesse infinie, et sans manquer, à chaque pas, de se faire piquer son chapeau par ce Dieu du vent qui se joue aussi de votre équilibre . (Enfin du mien, chaque jour un peu plus fragile .) Derrière ce cordon protecteur, la vie danoise s’organise . Des villages regroupent des maisons aux toits de chaume pleins de charme, des élevages de chevaux profitent d’étendues à l’horizon mal défini, des bottes de chaumes témoignent de la vivacité de cet « art couverture » et au milieu de champs gigantesques , rien ou alors des cultures sans cesse en révérence. Bien sûr, sur cette route, on va de port en port. (non je ne chanterai pas ici) Thorsminde ne me laissera pas un souvenir indélébile mais Hvide Sande a inspiré la plupart des photos de cette galerie . Comme en Norvège cette année, ici, le printemps s’étire dans une deuxième mi-temps ( coupe du monde oblige. Aller France!) d’hiver qui m’oblige à des traitements interminables pour faire que la lumière, qui me fuit, face au moins illusion sur mes images. Demain, Zouzou et moi, nous irons sur une île, Mando, et il ne faudra pas se rater la marée ….




























